mercredi 4 février 2026

 

L'incapacité

de souche...

Il n'y aura pas de nouveau pont entre Québec et Lévis. Legault a répété le contraire durant des années mais n'y a jamais cru lui-même; il l'a fait croire, c'est tout. Tout le monde a été berné; les convictions d'un politicien professionnel sont solvables dans l'air du temps.

Au final, huit ans d'illusions et de faux départs. Mais même les opposants à ce foutu 3e lien sont mal à l'aise devant cette démonstration d'incapacité. On ne s'étonne donc pas au souvenir de ce stade «olympique» amputé de son mât quand la planète débarqua chez nous, les yeux ronds devant ce chef-d'oeuvre inachevé...

Or donc, 50 ans plus tard, pour tuer le temps, on a jonglé avec un pont classique ou à étages, un tunnel, un bitube... Les ventriloques ont défilé au  micro pour dévoiler des projets mort-nés.

Sacrifiés comme les moutons de l'Aïd, ils affichaient des convictions à double-fond, alignaient des explications invraisemblables, mais tous étaient incapables de dissimuler tout à fait la duplicité de celui qui, en coulisses, les poussait au devant de la scène.

Au fil des ans, toutes les occasions ont été bonnes pour retarder ce projet voulu par une majorité de la population régionale. 

Jusqu'au jour, où cartable symbolique sous le bras, une croquignolette en mini jupe remplit sa mission de décevoir définitivement les électeurs qui les avaient tous élus plusieurs années auparavant.

Apparemment, plus rien ne justifiait un nouveau pont. Legault lui-même évoqua un motif grossier: la pandémie, responsable de l'instauration du télétravail et donc, d'une baisse du trafic autoroutier...

Le même motif ne s'appliquait toutefois pas au tramway qui, lui, favori des journalistes en espadrilles, ne fut jamais mis en danger par le télétravail. Ou par des questions embarrassantes...

Pourtant, le financement n'est toujours pas assuré; le prétendre relève de la malhonnêteté intellectuelle. Mais ce projet n'a-t-il pas toujours été à telle enseigne?

Il est désormais inutile de s'étonner de la tournure des événements. Le journalisme est incestueux: du jour au lendemain, un reporter devient naturellement député, ministre ou conseiller municipal. 

Les cas se propagent, tradition locale oblige, et l'électeur ressent chaque fois un malaise, se demandant s'il est désormais seul à croire au sens de l'honneur, à l'éthique ou à la morale.

Le Québec d'en bas se sait mal servi et, s'il parle peu, ça ne veut pas dire qu'il apprécie le mélange des genres... Pas plus que le silence des moralisateurs habituels quand un des leurs abandonne son micro le vendredi pour porter les couleurs d'un parti le lundi...

Présentement, le contribuable blasé, rasé de près par le fisc, opprimé par une bureaucratie en surpoids, se réconforte au spectacle de la coalition sans avenir au Québec: c'est le tableau de Géricault et les naufragés sont chaque jour plus nombreux. 

Les abandons se multiplient, les faces longues aussi. Ils se savent déculottés, incapables, bientôt renvoyés. Une constitution ou un chèque n'y changera rien. Une cheftaine non plus.

Ailleurs, c'est tout aussi désolant: le PQ rejette le 3e lien et vise un Québec vert pour un 3e Non, le PLQ a perdu à Big Brother Pâtisserie, le PCQ reste comateux tandis que QS agonise, les marxistes étant finalement comme tout le monde, désabusés...